Jeudi soir vers minuit, après 10h d’audience, les 6 prévenus ont quitté le Tribunal de Bayonne.
Vu du dehors…
Depuis 14h, plus de 400 personnes s’étaient rassemblées pour soutenir Virginie, Fred, Benat, Jean-Michel, Frantxua et Mizel, dans une ambiance calme mais anxieuse. A 21h un peu plus de 100 personnes étaient toujours présentes devant le Tribunal, certains paysans revenant même après leurs travaux.

Vers 15h, les accusés, leurs avocats ainsi que leurs témoins, entraient au Tribunal. S’ensuit une longue attente pour la foule postée dehors.²
A 17h, une avocate venait informer la foule qu’allait débuter l’audience des accusés, après 2 h de discussions entre les avocats et le procureur concernant la procédure. L’audience allait durer encore 2-3 h…
Vers 20h30, une pause d’un quart d’heure permettait aux accusés et témoins de sortir prendre l’air avant de ré-”attaquer” : les témoignages des accusés et des témoins allaient enfin être entendus.
Vu du l’intérieur : (propos recueillis dans le jpb)
“(…)A l’heure de boucler cette édition les prévenus et les témoins avaient été entendus mais le procureur était encore après 22h en train de réclamer l’application “de l’État de droit dans cette partie du département” et les avocats de la défense, qui devaient plaider la relaxe, n’avaient pu encore avancer leurs arguments. (…)”Comment peut-on prétendre atténuer les conséquences si on ne réfléchit pas aux causes?” avait lancé dans l’après-midi Frantxua Irigoien (…) “Les principaux responsables de ce qui s’est passé à Saint-Palais ne sont pas dans la salle”, avait-il asséné, en enfonçant le clou. La FDSEA était dans le viseur de la plupart des prévenus comme dans celle des témoins. Tout au long des heures qu’a duré le procès, l’historique de l’affaire Kako a été longuement évoqué. Le fait que Fred Larrañaga se soit lancé dans l’achat de la ferme avec le GFAM car personne n’avait manifesté le souhait de s’engager sur ces terres, l’engagement du GFAM par une large souscription populaire, l’arrivée hors délai d’une candidature fortement soutenue par la FDSEA qui remettait tout le dossier en cause, un comité technique de la Safer “noyauté par la FDSEA et qui savait à l’avance quelle décision il allait prendre”. (…)
“Et quelle était votre participation aux faits ce jour-là?”, a répété le président aux six prévenus mis en examen pour des faits de violences volontaires en réunion à l’encontre de gendarmes, de dégradation et d’outrages. Tous ont mis en avant leur détermination à ce qu’une délégation soit reçue pour éviter l’expulsion d’un paysan. “Ce jour-là, soit on rentrait tête basse à la maison en acceptant une terrible injustice, soit on réagissait et la seule manière était d’obtenir une discussion avec les membres de la Safer”, a résumé Frantxua Irigoien. Et d’ajouter “les manifestants ne se sont pas calmés quand un compromis a été trouvé, ni quand la délégation a été reçue mais quand l’éventualité qu’une délégation soit reçue a été avancée”. Sur les violences contre les agents, les jets de pierre, le vol d’une matraque, la dégradation de la porte, tous se disent non violents. Ils ne reconnaissent pas les faits. “La mêlée, j’y étais”, reconnaissent certains, “l’objectif était de discuter avec la Safer, je n’ai jamais frappé personne”, dira Jean-Michel Ayçaguer, accusé d’avoir frappé les gendarmes avec un parapluie.
Les deux gendarmes blessés ce jour-là sont présents à la barre. L’un reconnaît formellement Fred Larrañaga comme l’un des manifestants qui lui faisaient face. Mais dans sa déclaration antérieure, il disait ne pas savoir d’où provenaient les coups, rappelle un avocat.
Son collègue a reçu un bloc de goudron sur la pommette mais il ne peut dire si c’est Larrañaga qui le lui a envoyé. Les photos et la vidéo montrées à l’audience ne sont pas toutes très explicites.
Me Larrea fait d’ailleurs dire au technicien de la Safer qui déclare à la barre comme témoin qu’il était bien en première ligne mais qu’il n’a pas entendu de paroles outrageantes contre les gendarmes ni vu Fred Larrañaga extirper un gendarme ou cracher. Le procureur ne laisse rien passer, saute sur les virgules. Déjà en début d’après-midi, avocats de la défense et ministère public s’étaient empoignés sur des demandes de nullité de procédure.
Enfin, les prévenus n’ont pas manqué de dénoncer leur condition d’interpellation “particulièrement traumatisante pour nos enfants qui n’ont pas compris ce qui arrivait à leurs parents”, ont notamment indiqué Mizel Dunate et Virginie Brunet.”
Le procureur de la république a requis les peines de :
2 mois de prison avec sursis pour Virginie
une amende de 600 € pour Mizel et Frantxua
une amende de 1200 € pour Jean-Michel
une amende 1800 € pour Benat et Fred.
La décision du juge sera rendue le 13 mars.
Dans l’après-midi, ELB a fait un appel aux dons qui permettront de couvrir une partie des frais liés au procès : les frais d’avocat et les frais d’amende.